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Durabilité et stratégie de désengagement

Le développement durable fait partie intégrante du mandat du ministère des Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada (MAECD). Dans le contexte des projets et programmes du MAECD, la durabilité est étroitement liée à celle des résultats intermédiaires atteints par les programmes comme le PADEN. Pour y arriver chaque acteur (structures partenaires impliquées comme bénéficiaires), à quelque niveau où il se trouve, doit faire sien de l’approche et de la vision du programme avant la fin du financement du MAECD. Cette institutionnalisation ne peut se réaliser si les partenaires étatiques (scientifiques et techniques) et professionnels locaux n’intègrent et n’adoptent pas, dès le départ, les changements dans leur stratégie et leur démarche.

Il est évident que, l’option stratégique adoptée par le PADEN dès la phase de planification de sa mise en œuvre s’inscrit dans une perspective de pérennisation de son intervention dans la zone des Niayes. C’est vers cette dynamique que l’UCP a invité toutes les parties prenantes (acteurs partenaires d’accompagnement, institutions de recherches, bénéficiaires directs) et prestataires de services à prendre en compte la préoccupation du PADEN à rendre durable ses interventions. Ceci explique l’importance d’une approche faisant participer tous les partenaires (afin qu’ils s’approprient des mécanismes mis en place et résultats escomptés). C’est la raison pour laquelle, l’UCP accorde, autant d’importance au volet transfert des compétences des partenaires d’accompagnement et d’appui aux cibles bénéficiaires.

En d’autres termes, le désengagement se prépare depuis le début du projet, ainsi toutes les actions doivent intégrer la dimension « désengagement ». Selon les acteurs partenaires ou bénéficiaires du programme, la stratégie de désengagement du PADEN est ainsi articulée :

Concernant les partenaires techniques d’accompagnement

Une articulation ou un adossement des planifications quinquennales des acteurs d’accompagnement aux cadres de dépenses sectorielles à moyen terme (CDS-MT) de leur ministère de tutelle respectif participe à inscrire les activités appuyées dans la durée ; en ce sens que celles-ci seront graduellement et progressivement inscrites dans les planifications annuelles et budgétisées de manière à permettre leur mise en œuvre de façon pérenne mais surtout cohérente en relation avec l’état d’avancement des activités. Au-delà de la sensibilisation faite par l’UCP en direction des points focaux, des responsables CDS-MT et des directeurs nationaux, le PADEN a sollicité la participation de ces derniers au processus d’élaboration des planifications quinquennales. Le double objectif recherché est la pérennisation des activités mais aussi leur financement par l’inscription, si ce n’est pas déjà faite, des planifications dans les CDS-MT des ministères respectifs. Ainsi de manière graduelle et à la fin du PADEN, le but est que le financement des activités des structures techniques d’accompagnement soit assuré durablement par les budgets des ministères. L’UCP va également intercéder auprès des entités décisionnelles du Comité de gestion pour que les Ministres qui assurent la tutelle des directions impliquées puissent être sensibilisés notamment en raison de leur qualité d’arbitre budgétaire des ressources du CDS-MT.

Une application de l’approche programme responsabilise les structures pérennes impliquées dans la mise en œuvre et les dote de capacités de planification, de gestion, d’outils opérationnels. L’assistance technique fournie par l’UCP, s’effectue à travers l’appui/accompagnement entamé depuis le processus d’élaboration des planifications quinquennales et qui se poursuivra durant la phase d’exécution. La contribution du PADEN à la mise en œuvre des plans de renforcement des capacités de leurs ministères, la dotation de véhicules pour un encadrement de proximité des producteurs rentre dans le cadre de l’accompagnement.

A propos des bénéficiaires cibles

L’étape première du processus de désengagement passe par la mise en relation, pour le développement durable, de partenariats technique, financier, commercial et stratégique entre les promoteurs privés et les acteurs de la zone d’intervention. Ainsi, au plan du financement et d’accès aux services financiers, le PADEN a mis en place un guichet de développement économique (GDE) à frais partagés accessible et adapté à toutes les initiatives privées de développement rentables dans sept (7) domaines d’investissement pour soutenir leur réalisation. La stratégie de cofinancement du GDE et le partenariat noué avec la Stratégie de Croissance Accélérée (SCA) entrent dans le cadre de la recherche de pérennisation du mécanisme de GDE. En effet, le rapprochement entre les organisations de producteurs et leurs membres au système de financement décentralisé (SFD) actif dans les Niayes contribuera à l’instauration d’un climat de confiance entre ces acteurs, une meilleure connaissance du fonctionnement des institutions financières par les producteurs et une appréciation plus juste par les SFD, des besoins de financement des entreprises horticoles et agroforestières. Il sera de même du rapprochement programmé entre des organisations paysannes de la zone des Niayes et les mécanismes décentralisés de promotion de l’entrepreneuriat privé appuyés par la SCA à l’image du Cluster local (territorialisation de l’approche gestion des grappes) de Pout, des incubateurs sur l’Agrobusiness, etc. La promotion du GDE pour une réelle appropriation par les bénéficiaires potentiels à la base va, entre autres, permettre le renouvellement du matériel agricole et surtout la modernisation des exploitations familiales des Niayes (introduction de technologie comme le système de micro irrigation goutte à goutte).

Relativement au rôle des organisations de producteurs

Une professionnalisation des organisations, une capacitation de leurs membres (renforcement organisationnel, structuration fonctionnelle, renforcement des capacités des membres, mise en place de procédures administratives et comptables, formation aux techniques de recherche de financement, amélioration de la vie associative, gestion des comptes d’exploitation, etc.). Dans la zone des Niayes, on identifie des organisations de producteurs de 1er, 2ème et 3ème niveaux qui sont respectivement représentées par les groupements à la base, les unions et les associations faîtières. Leur rôle est prépondérant dans la recherche de financement à travers la signature de convention et par la facilitation à l’accès aux services financiers. En effet, rares sont les SFD ou les IF qui n’exigent pas de garantie pour les prêts. Plusieurs types sont ainsi acceptés dont la mobilisation de la garantie solidaire et le fonds solidaire. Les associations professionnelles bien structurées offrent de telles facilités à leurs membres. Cependant, leur mode de gestion et de fonctionnement demande encore un accompagnement. Plusieurs raisons peuvent expliquer cet état de fait : léthargie, déficit de ressources humaines, absence de partages d’informations et/ou d’outils de gestion opérationnels, sectarisme. Les rares mécanismes ou instruments disponibles sont maîtrisés par un petit groupe (leaders des OP et leurs partisans). Le PADEN, à travers ses partenaires d’accompagnement, appuiera le processus de professionnalisation en incitant indirectement au changement de comportement au sein des organisations ciblées de producteurs. Cette démarche va naturellement s’accompagner d’un désengagement progressif surtout au niveau des appuis financiers au profit des dispositifs institutionnels de proximité existants. Au plan technique, les structures étatiques, les institutions de recherches et d’enseignements seront impliqués dans le dispositif d’accompagnement tout au long de la mise en œuvre du PADEN et appuyés en conséquence pour que chacun, dans son domaine de compétences puisse jouer son rôle dans une approche intégrée, cohérente, pluridisciplinaire et participative pour l’atteinte des résultats dans le court et moyen terme, en prélude à la pérennisation du programme.